"Reefers": on sait désormais qui possède ces bateaux "frigos" colossaux de la pêche industrielle (vidéo) – Le magazine GEO

Les cargos frigorifiques, appelés “reefers”, assurent le transport indirect du poisson, du carburant et des marins. Une enquête révèle l’existence de 569 de ces géants de la mer, appartenant principalement à des investisseurs russes et chinois (Le Temps).
Les “navires-usines” ne sont pas forcément ceux qui pratiquent la pêche industrielle. Parmi ces mastodontes de ferraille qui hantent les océans, certains ne font en effet que réaliser des échanges : marins épuisés contre marins reposés, cargaison de poisson contre carburant… “Reefer” est le nom anglais donné à ces cargos chargés du transbordement et du ravitaillement.
Mais combien sont ces “frigos géants et flottants”, dépassant parfois 150 mètres pour une capacité de réfrigération de “10 000 tonnes et plus” ? Réponse : plus d’un demi-millier, selon une étude publiée dans la revue Science Advances le 11 octobre et repérée par le journal suisse Le Temps.
“L’un des arguments mis en avant pour justifier ce transbordement en haute mer est la réduction de l’impact des pêches sur le climat”, explique à nos confrères Frida Bengtsson, de l’université de Stockholm, première auteure de l’étude. En effet, “chaque reefer peut ravitailler plusieurs navires de pêche et éviter leur retour au port”, ce qui permet donc de réaliser des économies de carburant.
Ainsi, les reefers pèsent lourd dans l’industrie des produits de la mer : près d’un tiers des prises mondiales de thon (d’une valeur de 10,4 milliards de dollars) est transbordé chaque année. Pourtant, le transbordement est souvent décrit comme “opaque” et associé à des activités illégales, car il peut servir à blanchir le transfert d’espèces pêchées illégalement ou à masquer l’origine des produits.
Tout cela se produit loin des yeux, certes… mais rarement hors de portée des satellites ! Si les pratiques de pêche en mer étaient autrefois “invisibles”, les progrès récents en matière de collecte et de partage des données satellitaires permettent désormais aux chercheurs de voir où les navires opèrent.
Une seule donnée manquait jusqu’à présent : l’identité réelle des propriétaires, derrière les sociétés ou les prête-noms. Or, dans un communiqué de l’université de Stockholm, Frida Bengtsson l’assure :
L’équipe de chercheurs du Stockholm Resilience Center, du Stanford Center for Ocean Solutions (Royaume-Uni) et de l’université de Colombie-Britannique (Canada) a non seulement identifié quelque 569 reefers actuellement utilisés par l’industrie de la pêche, mais surtout, leurs 324 propriétaires. Ceux de nationalités russe et chinoise contrôlent près de la moitié de la flotte (26 % et 20 % respectivement).
Dans le détail, dix propriétaires sont responsables à eux seuls de près d’un quart de tous les transbordements effectués dans le monde. Pour Frida Bengtsson, ce résultat constitue en fait une bonne nouvelle, compte tenu des volumes de produits de la mer concernés :
“Si nous travaillons avec ces acteurs clés et que nous les incitons à améliorer leurs opérations, nous pourrons rapidement améliorer la traçabilité et la durabilité des produits de la mer”, envisage-t-elle (communiqué).
Les auteurs ont également produit une cartographie des lieux où les propriétaires de ces reefers exploitent leurs navires, des engins utilisés par les navires de pêche qu’ils rencontrent, ainsi que des pavillons utilisés – ceux de la Russie, de la Chine et du Panama représentent 65 % du total.
Toutes ces données peuvent désormais être consultées et visualisées librement à l’aide d’un outil en ligne. Une transparence qualifiée de “sans précédent” et désormais, espèrent les auteurs, un “outil essentiel” pour les ONG, les compagnies d’assurances et les acteurs financiers désireux de créer des “incitations plus fortes” en faveur de “comportements durables en mer.” L’espoir est permis…

Article initialement publié le 1er novembre.
Faites le choix d’une information fiable sur Google : soutenez GEO en nous ajoutant comme source préférée.
Connexion à Prisma Connect

source

TL;DR : Les cargos frigorifiques, appelés "reefers", assurent le transport indirect du poisson, du carburant et des marins. Une enquête révèle l'existence de 569 de ces géants de la mer…

Points clés

  • Les cargos frigorifiques, appelés "reefers", assurent le transport indirect du poisson, du carburant et des marins.
  • Une enquête révèle l'existence de 569 de ces géants de la mer, appartenant principalement à des investisseurs russes et chinois (Le Temps).
  • Les "navires-usines" ne sont pas forcément ceux qui pratiquent la pêche industrielle.
  • Parmi ces mastodontes de ferraille qui hantent les océans, certains ne font en effet que réaliser des échanges : marins épuisés contre marin…
  • Mais combien sont ces "frigos géants et flottants", dépassant parfois 150 mètres pour une capacité de réfrigération de "10 000 tonnes et plu…

A propos de l'auteur

Ajouter un commentaire

bonite

"Reefers": On Sait Désormais Qui Possède Ces Bateaux "frigos" Colossaux De La Pêche Industrielle (vidéo) - Le Magazine GEO

Prenez contact avec nous

Les backlinks sont des liens d'autres sites web vers votre site web. Ils aident les internautes à trouver votre site et leur permettent de trouver plus facilement les informations qu'ils recherchent. Plus votre site Web possède de liens retour, plus les internautes sont susceptibles de le visiter.

Contact

Map for 12 rue lakanal 75015 PARIS FRANCE