Au rayon conserves, difficile de penser à un risque toxique, et pourtant le thon est dans le viseur des ONG. “Le thon est l’un des poissons les plus susceptibles de contenir du mercure”, rappelle la nutritionniste citée par Marmiton. Bloom et Foodwatch ont fait analyser 148 boîtes de thon en Europe ; “Sur 148 boîtes de thon échantillonnées dans cinq pays européens, 10 % dépassaient les limites de mercure fixées pour le thon frais (1 mg/kg)”, et 57 % franchissaient même la barre plus stricte de 0,3 mg/kg, selon le Parlement européen. De quoi pousser une diététicienne espagnole à décortiquer elle-même les étiquettes en magasin.
La diététicienne Blanca García-Orea a compris que tout se jouait sur l’espèce de poisson. “Il s’agit du thon listao, également appelé bonite ou skipjack”, écrit Marmiton, en rappelant que “Ce poisson est celui qui contient le moins de mercure”, autour de 0,2 mg/kg. Ethic et Co rapporte que “Les résultats sur 2023 et 2024 pour le thon listao des Açores font état d’une moyenne de 0,17 mg/kg” chez Fish4Ever, aujourd’hui la marque la moins chargée connue.
L’ONG Bloom rappelle avoir fait tester 148 boîtes de thon en conserve dans cinq pays européens. “La teneur la plus élevée, enregistrée dans une boîte Petit Navire, atteignait 3,9 mg/kg”, soit près de quatre fois la limite d’1 mg/kg fixée par l’Union européenne. Une seule boîte de 100 g à ce niveau peut déjà faire dépasser la dose hebdomadaire tolérable de mercure pour un adulte de 70 kg, indique encore le Parlement européen.
Le problème vient de la bioaccumulation : ce métal s’accumule au fil des années dans les grands prédateurs. Les espèces de grande taille comme le thon albacore ou le thon germon concentrent bien plus de mercure que le listao. D’où la demande des ONG d’abaisser pour tous les produits de thon la limite européenne à 0,3 mg/kg, afin de protéger surtout les femmes enceintes et les enfants.
En magasin, Blanca Garcia donne une règle ultra simple : “Choisissez des boîtes où il est écrit “atun” et pas “atun claro””, car ce dernier terme désigne le plus souvent du thon albacore plus chargé en métaux lourds. Les données compilées par 1805barber estiment le skipjack autour de 0,2 mg/kg, contre 0,5 à 0,6 mg/kg pour l’albacore.
La diététicienne reste toutefois prudente : “La nutritionniste espagnole Blanca Garcia ne défend pas ‘d’interdire’ le thon en boîte”. Elle précise simplement qu’”Elle recommande de ne pas consommer plus d’une ou deux boîtes de thon par semaine”, soit 1 à 2 boîtes hebdomadaires, même pour un thon en boîte sans mercure au sens “le plus bas possible”.
Pour choisir en rayon, le réflexe est de traquer la mention thon listao, “bonite” ou “skipjack”, proposée par des marques comme Phare d’Eckmühl ou Fish4Ever, et d’alterner avec sardines, maquereaux, harengs ou truite conseillés par Marmiton.
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